La privatisation du secteur de l'eau et de l'electricité au Cameroun a laissé penser tant soi peu,que la qualité du service allait s'améliorer.Pour les populations le passage du secteur public vers le secteur privé annoncait des lendemains meilleurs.Les coupures d'electricité et les penuries d'eau étaient censées devenir des lointains cauchemars.Mais voilà,la situation n'a pas évolué.Les coupures d'électricité sont recurrentes...les coupures d'eau sont programmées comme des matchs de football....la faute à la privatisation?......Je vous invite à lire,ci dessous une analyse du Professeur Steven Horwitz,qui recentre le débat et éclaire d'avantage sur ce qui peut être fait.
Le problème avec la privatisation
Les penseurs libéraux soutiennent classiquement la « privatisation » de nombreuses activités
publiques. Leur argument, bien sûr, est que le secteur privé fournit des biens et services à moindre coût et de meilleure qualité que le secteur public. Si les libéraux classiques ont raison
sur ce point, pourquoi alors penser qu'il y a un problème avec la privatisation ?
La réponse est que les appels à la privatisation passent à côté de la vraie raison expliquant pourquoi le secteur privé fonctionne mieux que le secteur public. Le grand avantage du secteur
privé n'est pas tant la propriété privée en soi, mais que le fait que les propriétaires privés se font concurrence. Les libéraux feraient mieux de ne pas opposer les secteurs « privé
» et « public », mais plutôt les secteurs « concurrentiel » et « monopolistique ». Si l'objectif est l'efficacité dans la fourniture de biens et services, la propriété privée est une
condition nécessaire mais pas suffisante. Au lieu d'appeler à la « privatisation » des services publics, les libéraux devraient favoriser la « dé-monopolisation ».
Monopoles privés
Supposons qu'une collectivité locale décide de privatiser la collecte des déchets. Souvent, cela signifie que plutôt que de gérer elle-même l'organisation du ramassage des ordures, la
collectivité locale offre le droit du monopole de collecter les déchets à l'entreprise privée la plus offrante. Bien que les entreprises intéressées se concurrencent pour remporter le marché,
une d’elles finit néanmoins avec un privilège de monopole dans la localité. Du point de vue du consommateur, un monopole du secteur public a été remplacé par un monopole du secteur privé.
Les monopoles privés pourraient être légèrement plus efficaces que les monopoles publics, d’abord parce qu'ils ont des objectifs d’entreprise privée (en termes de profits et pertes) et,
aussi, doivent sans doute faire du bon travail s’ils veulent obtenir un renouvellement de leur contrat. Ces incitations peuvent être plus fortes que celles qui découlent de la capacité des
administrés insatisfaits à se plaindre ou voter contre des responsables locaux dans le cas de la fourniture publique de services. Toutefois, il faut noter que le monopole privé doit in
fine satisfaire les politiciens qui dispensent le privilège de monopole, pas les consommateurs finaux. Ainsi, pour les administrés, les gains provenant du remplacement d’un monopole
public par un monopole privé ne sont pas si évidents.
Imaginons plutôt que la collectivité locale ait tout simplement ouvert la collecte des déchets pour toute entreprise qui souhaite vendre les services aux consommateurs. Cette «
dé-monopolisation » conduirait à une concurrence réelle entre des fournisseurs (potentiels), forçant les éboueurs à servir les consommateurs et non pas simplement les politiciens
locaux qui distribuent des privilèges de monopole. La concurrence incite les entreprises à fournir des biens et services de meilleure qualité et à moindre coût aux consommateurs, plutôt que
des avantages politiques aux agents publics. Bien sûr on ne peut avoir de concurrence sans propriété privée, mais la propriété privée ne suffit pas. La démonopolisation est nécessaire pour
générer la concurrence qui est au cœur de l'efficacité du secteur privé.
La propriété plurielle
Dans certains de ses derniers écrits, le penseur Friedrich Hayek fait une remarque semblable quand il suggère qu'il est problématique de parler de « propriété privée » et que nous devrions
parler plutôt de « propriété plurielle ». La distinction n'est pas juste sémantique. Son argument est que l’aspect important de la propriété « privée » n'est pas qu'elle est privée, mais
qu'elle est divisée entre « plusieurs » propriétaires qui se concurrencent alors pour en faire le meilleur usage.
La rhétorique de la « privatisation » peut dissuader des gens qui pourraient être plus ouverts aux idées libérales si nous définissions ces dernières comme l'opposition au monopole plutôt que
comme un soutien au transfert des ressources du « public » vers des mains privées. Il est également intéressant de mentionner que le secteur « public » peut être beaucoup plus « privé » que
le secteur privé : comparons le peu que nous savons d’organisations du « secteur public » comme la CIA ou la Fed aux USA, avec ce que nous savons au sujet d'Apple, Google, ou d'autres
sociétés qui ouvrent régulièrement leurs livres et rendent publics des rapports annuels. Si nous croyons que les avantages de la démonopolisation iront au « public » en tant que
consommateurs, alors abandonnons le discours de « privatisation ».
La propriété privée n'est pas un but mais un moyen vers une fin. Ce qui importe vraiment est ce qui sert au mieux les administrés en tant que consommateurs de services collectifs. La
propriété privée ne permet cela que si c'est dans un contexte institutionnel qui favorise la concurrence. Les libéraux doivent changer la rhétorique et passer de la promotion de la
privatisation à celle de la promotion de la concurrence en mettant fin à des monopoles d'État autant que possible. C'est le chemin vers des prix plus bas et d’une qualité supérieure, et vers
davantage de liberté.
Steven Horwitz est professeur d’économie à l’Université de St Lawrence aux États-Unis. Cet article a paru initialement en anglais sur www.thefreemanonline.org. Traduction www.UnMondeLibre.org.
Mamadou Koulibaly - Le 18 janvier 2012. On entend de manière récurrente des intellectuels
se prononcer sur le problème de la pauvreté en Afrique qui perdure après plus d’un demi-siècle d’indépendance. Les débats sont passionnés et les voix africaines se multiplient pour dénoncer,
s’insurger et certaines proposent des solutions. Sur les problèmes, tous sont unanimes : l’Afrique souffre encore aujourd’hui d’une forte domination des anciennes puissances coloniales et,
dans les zones francophones regroupant les anciennes colonies françaises, la domination est plus vive encore à travers la monnaie (le franc CFA), les bases militaires, les réseaux dits
françafricains qui incluent des entreprises multinationales protégées ; domination acceptée et même soutenue par des dirigeants africains malléables à souhait. Les populations africaines sont
ainsi maintenues en captivité à la fois par un système de domination mondiale mais également par leurs propres dirigeants. Tel est le constat unanime. Généralement au banc des accusés on
trouve au premier rang le trio capitalisme-mondialisation-néo libéralisme.
Sali Bouba Oumarou – Le 20 janvier
2012. La corruption au Cameroun reste endémique. Le pays a été signalé par deux fois comme premier pays corrompu respectivement en 1998 et 1999 (par Transparency international). En 2011,
L’indice de perception de la corruption était évalué à 2,5. A la suite de la sonnette d’alarme des années 2000, une panoplie d’infrastructures anti-corruption ont vu le jour. La plupart sont
orientées vers la répression des actes contraire à l’éthique professionnelle au sein de l’administration (comme la création récente d’un tribunal criminel spécial dédié aux détournements des
fonds publics). L’ensemble de ces efforts permettent certes d’enregistrer des résultats, toutefois ils ne s’attaquent pas à certaines racines du mal au sein de l’administration publique qui
sont entre autres les nombreuses procédures administratives, les chevauchements de compétences entre différentes structures administratives et le « moral » des agents publics.
Une revue de livre par Noël Kodia, le 9 avril 2009 - Voici un livre qui
demande aux Africains d’assumer leur destin devant une certaine insolence de l’Occident lorsqu'il se comporte comme pendant la colonisation.
Sali Bouba Oumarou - Le 30 septembre 2011. La libéralisation du secteur audiovisuel en Mauritanie
serait-elle enfin enclenchée ? Tout porterait à le croire. Ceci notamment depuis la sortie médiatique du ministre de la communication Hamdi Ould Mahjoub le 23 août dernier, au cours de
laquelle ce dernier a annoncé que le gouvernement allait autoriser la création, avant la fin de l’année 2011, de cinq radios et de cinq télévisions privées. Si cette annonce venait
effectivement à se concrétiser, celle-ci mettra fin à 50 ans de monopole d’Etat sur le secteur Audiovisuel, et pourrait par la même occasion apporter un nouveau souffle à la dynamique des
libertés en Mauritanie. Voilà certes une grande opportunité pour la continuelle marche vers la démocratie en Mauritanie, mais les mécanismes entourant cette libéralisation présentent des
obstacles qu’il faudra surmonter pour un secteur audiovisuel véritablement libre et responsable.
Recension par Geoffroy L. – Le 5 janvier 2012. S’il n’est pas rare que les intellectuels qui
s’expriment sur la mondialisation dans le débat public aient une connaissance lacunaire de la science économique, ce n’est pas le cas de Jagdish Bhagwati. Cet économiste indien, Professeur à
l’Université de Columbia (Etats-Unis), contribue depuis un demi-siècle à faire reculer la frontière de la connaissance en économie internationale, en particulier sur les questions de politique
commerciale et d’économie du développement.