Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 14:59

La privatisation du secteur de l'eau et de l'electricité au Cameroun a laissé penser tant soi peu,que la qualité du service allait s'améliorer.Pour les populations le passage du secteur public vers le secteur privé annoncait des lendemains meilleurs.Les coupures d'electricité et les penuries d'eau étaient censées devenir des lointains cauchemars.Mais voilà,la situation n'a pas évolué.Les coupures d'électricité sont recurrentes...les coupures d'eau sont programmées comme des matchs de football....la faute à la privatisation?......Je vous invite à lire,ci dessous une analyse du Professeur Steven Horwitz,qui recentre le débat et éclaire d'avantage sur ce qui peut être fait.

Le problème avec la privatisation

Les penseurs libéraux soutiennent classiquement la « privatisation » de nombreuses activités publiques. Leur argument, bien sûr, est que le secteur privé fournit des biens et services à moindre coût et de meilleure qualité que le secteur public. Si les libéraux classiques ont raison sur ce point, pourquoi alors penser qu'il y a un problème avec la privatisation ?

La réponse est que les appels à la privatisation passent à côté de la vraie raison expliquant pourquoi le secteur privé fonctionne mieux que le secteur public. Le grand avantage du secteur privé n'est pas tant la propriété privée en soi, mais que le fait que les propriétaires privés se font concurrence. Les libéraux feraient mieux de ne pas opposer les secteurs « privé » et « public », mais plutôt les secteurs « concurrentiel » et « monopolistique ». Si l'objectif est l'efficacité dans la fourniture de biens et services, la propriété privée est une condition nécessaire mais pas suffisante. Au lieu d'appeler à la « privatisation » des services publics, les libéraux devraient favoriser la « dé-monopolisation ».

Monopoles privés

Supposons qu'une collectivité locale décide de privatiser la collecte des déchets. Souvent, cela signifie que plutôt que de gérer elle-même l'organisation du ramassage des ordures, la collectivité locale offre le droit du monopole de collecter les déchets à l'entreprise privée la plus offrante. Bien que les entreprises intéressées se concurrencent pour remporter le marché, une d’elles finit néanmoins avec un privilège de monopole dans la localité. Du point de vue du consommateur, un monopole du secteur public a été remplacé par un monopole du secteur privé.

Les monopoles privés pourraient être légèrement plus efficaces que les monopoles publics, d’abord parce qu'ils ont des objectifs d’entreprise privée (en termes de profits et pertes) et, aussi, doivent sans doute faire du bon travail s’ils veulent obtenir un renouvellement de leur contrat. Ces incitations peuvent être plus fortes que celles qui découlent de la capacité des administrés insatisfaits à se plaindre ou voter contre des responsables locaux dans le cas de la fourniture publique de services. Toutefois, il faut noter que le monopole privé doit in fine satisfaire les politiciens qui dispensent le privilège de monopole, pas les consommateurs finaux. Ainsi, pour les administrés, les gains provenant du remplacement d’un monopole public par un monopole privé ne sont pas si évidents.

Imaginons plutôt que la collectivité locale ait tout simplement ouvert la collecte des déchets pour toute entreprise qui souhaite vendre les services aux consommateurs. Cette « dé-monopolisation » conduirait à une concurrence réelle entre des fournisseurs (potentiels), forçant les éboueurs à servir les consommateurs et non pas simplement les politiciens locaux qui distribuent des privilèges de monopole. La concurrence incite les entreprises à fournir des biens et services de meilleure qualité et à moindre coût aux consommateurs, plutôt que des avantages politiques aux agents publics. Bien sûr on ne peut avoir de concurrence sans propriété privée, mais la propriété privée ne suffit pas. La démonopolisation est nécessaire pour générer la concurrence qui est au cœur de l'efficacité du secteur privé.

La propriété plurielle

Dans certains de ses derniers écrits, le penseur Friedrich Hayek fait une remarque semblable quand il suggère qu'il est problématique de parler de « propriété privée » et que nous devrions parler plutôt de « propriété plurielle ». La distinction n'est pas juste sémantique. Son argument est que l’aspect important de la propriété « privée » n'est pas qu'elle est privée, mais qu'elle est divisée entre « plusieurs » propriétaires qui se concurrencent alors pour en faire le meilleur usage.

La rhétorique de la « privatisation » peut dissuader des gens qui pourraient être plus ouverts aux idées libérales si nous définissions ces dernières comme l'opposition au monopole plutôt que comme un soutien au transfert des ressources du « public » vers des mains privées. Il est également intéressant de mentionner que le secteur « public » peut être beaucoup plus « privé » que le secteur privé : comparons le peu que nous savons d’organisations du « secteur public » comme la CIA ou la Fed aux USA, avec ce que nous savons au sujet d'Apple, Google, ou d'autres sociétés qui ouvrent régulièrement leurs livres et rendent publics des rapports annuels. Si nous croyons que les avantages de la démonopolisation iront au « public » en tant que consommateurs, alors abandonnons le discours de « privatisation ».

La propriété privée n'est pas un but mais un moyen vers une fin. Ce qui importe vraiment est ce qui sert au mieux les administrés en tant que consommateurs de services collectifs. La propriété privée ne permet cela que si c'est dans un contexte institutionnel qui favorise la concurrence. Les libéraux doivent changer la rhétorique et passer de la promotion de la privatisation à celle de la promotion de la concurrence en mettant fin à des monopoles d'État autant que possible. C'est le chemin vers des prix plus bas et d’une qualité supérieure, et vers davantage de liberté.

Steven Horwitz est professeur d’économie à l’Université de St Lawrence aux États-Unis. Cet article a paru initialement en anglais sur www.thefreemanonline.org. Traduction www.UnMondeLibre.org.

 

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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 18:50

Une intéressante intervention sur l'économie 2.0.....

 


 
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 15:51

Le président d'Audace Insitute Afrique,dans une analyse intéressante, présente les opportunités du libéralisme en Afrique

Libéralisme : seule alternative crédible pour l’Afrique

Mamadou Koulibaly - Le 18 janvier 2012. On entend de manière récurrente des intellectuels se prononcer sur le problème de la pauvreté en Afrique qui perdure après plus d’un demi-siècle d’indépendance. Les débats sont passionnés et les voix africaines se multiplient pour dénoncer, s’insurger et certaines proposent des solutions. Sur les problèmes, tous sont unanimes : l’Afrique souffre encore aujourd’hui d’une forte domination des anciennes puissances coloniales et, dans les zones francophones regroupant les anciennes colonies françaises, la domination est plus vive encore à travers la monnaie (le franc CFA), les bases militaires, les réseaux dits françafricains qui incluent des entreprises multinationales protégées ; domination acceptée et même soutenue par des dirigeants africains malléables à souhait. Les populations africaines sont ainsi maintenues en captivité à la fois par un système de domination mondiale mais également par leurs propres dirigeants. Tel est le constat unanime. Généralement au banc des accusés on trouve au premier rang le trio capitalisme-mondialisation-néo libéralisme.

Dans les propositions de solutions les plus fréquemment exprimées, les avis divergent. Certains pensent qu’il faut que les pays riches financent l’Afrique pour l’aider à sortir de la pauvreté ; d’autres affirment que les solutions doivent plutôt venir de l’Afrique elle-même et que les dirigeants devraient être moins corrompus et plus responsables pour soutenir le développement de leur pays à travers des aides, des investissements créateurs d’emplois et des programmes de soutien divers pour permettre à leurs populations, entre autres, de résister aux grandes entreprises multinationales. Indépendamment de ces propositions, on voit des multitudes d’associations locales et internationales, des institutions internationales, des ministères spécialisés, des écrivains et intellectuels se battre pour les droits de l’homme et la liberté, à travers des écrits enflammés, des colloques passionnés et des programmes de soutien divers dotés de budgets faramineux.

Le décor ainsi posé oblige à souligner quelques contradictions et à ouvrir de nouvelles voies de solutions.

Première ambigüité, certains attendent des aides de la communauté internationale alors que, depuis les indépendances, ces programmes de soutien n’ont pas apporté le progrès et pire, ont montré qu’ils faisaient partie de la stratégie de domination des grandes puissances sur le continent Africain. La solution proposée va donc dans le sens de l’ancrage du problème et non de son dénouement. De surcroît, cette vision humaniste du monde est en décalage total avec les réalités impérialistes qui guident le monde depuis la nuit des temps. Un pays ou un groupe de pays n’a pas vocation à gérer le développement d'un autre.

Deuxième ambigüité : nombreux sont ceux qui attendent des Etats africains qu’ils prennent en main efficacement le développement du continent à travers un modèle planifié efficace. La corruption de ces dirigeants fait pourtant partie des problèmes identifiés comme une cause de la pauvreté des populations. Quand on sait qu’un monopole ne peut exister sans être protégé par les élites au pouvoir, on peut appréhender la perversité de leur implication d’autant que, pour la plupart, elles soutiennent et entretiennent la domination extérieure soit par intérêt financier, soit par peur d’un renversement ou encore, pour les plus zélés, par plaisir et admiration ou, simplement guidées par un sentiment d’infériorité qui les pousse à chercher à se réparer dans le regard de l’autre sans oser se positionner eux-mêmes. Cinquante années d’exercice du pouvoir ayant conduit les pays d’Afrique en tête de file de la liste des Etats défaillants dans le monde (rapport du Fund for Peace ) signent l’incapacité de ces dirigeants à se transcender et il semble bien imprudent de continuer à chercher en eux les solutions d’un avenir meilleur. La question est simple : puisque l’Etat fait partie du problème, pourquoi l’utiliser comme solution ?

Enfin, l’autre ambigüité criante est celle qui consiste à défendre les libertés tout en les désignant comme les responsables du mal qui mine le continent. Existerait-il des bonnes libertés et des mauvaises ? Le Professeur Pascal Salin, éminent libéral, nous rappelle dans son livre Libéralisme que « l’idéologie libérale est favorable à la liberté individuelle dans tous les domaines, précisément parce que l’homme ne peut se découper en tranches, avec une partie économique, une partie sociale ou une partie familiale. »

Le rejet du libéralisme est un immense malentendu qu’il convient absolument de dissiper C’est en effet le seul qui puisse s’attaquer de manière thérapeutique aux problèmes qui minent le continent. Lui seul permet d’assurer une économie prospère parce qu’il libère et stimule l’énergie créative des êtres humains. D’ailleurs, à bien des points de vue, le libéralisme permettrait un retour aux racines de l’Afrique puisque les traditions reposaient sur une organisation spontanée des sociétés avec des sages médiateurs. Quant au libre échange qui effraye tant, il existait jadis et n’était autre que ces caravanes qui traversaient le désert pour échanger des produits avec une monnaie dépourvue de régulation étatique mais reposant plutôt sur l’activité humaine, sur les échanges de produits dont le degré de rareté créait la valeur.

La propriété étant un socle du progrès dans le monde entier, il faut viser une société où les gens peuvent devenir facilement propriétaires et où ils sont donc responsables et non plus soumis aux décisions autoritaires de l’Etat. Le libéralisme est le système le plus efficace pour permettre aux gens d’utiliser leurs droits de propriétés qu’ils soient riches ou pauvres.

La mondialisation défendue par les libéraux est, elle, l’aspect international de la liberté. Loin d’être un monstre dominateur informe, c’est le fruit de l’échange de millions d’individus entres eux. Ce grand marché concurrentiel permet une amélioration de la qualité, une baisse des prix et une incitation à l’innovation de la part des producteurs. Le monopole quant à lui n’est pas le fruit de la mondialisation, c’est un pur produit créé et protégé par les Etats qui partagent les bénéfices de ces entreprises amies. Celui qui pait la facture est le consommateur prisonnier des choix d’un Etat fort. Fort au sens où il se permet de tout faire. Les politiques libérales, au contraire, permettraient à tous les Africains de bâtir leurs propres projets, d’épargner et d’investir. Un pays pauvre ne peut pas se permettre de gaspiller ses ressources pourtant, en Afrique, on voit que des quantités d’obstacles freinent les populations et les étouffent, c’est le cas des taxes excessives et complexes mais également des règlementations lourdes et compliquées qui bloquent le développement. Elles coûtent cher, font perdre un temps précieux et favorisent la corruption car on finit par glisser un billet sous la table pour débloquer un dossier. Cela ne veut pas dire que le libéral refuse toutes les règles. Le libéralisme est l’exercice de la liberté dans un cadre juridique qui permet de protéger la propriété des individus ainsi que leurs relations entre eux.

Il faut que chaque africain ait sa chance. Les Etats forts, ceux où les dirigeants politiques ont de trop gros pouvoirs, oublient les pauvres qui pourtant seraient capables de se développer s’ils étaient libérés Tout le monde doit avoir le droit de prendre part au développement, c’est cette vision humaniste qui est importante. Les dirigeants des Etats forts sont immoraux car ils refusent cela à leurs populations. Il faut que les Etats arrêtent de dire que les populations ne sont pas capables. Si elles sont incapables actuellement c’est simplement parce que trop d’interdits et de contraintes s’exercent sur elles.

Ainsi, pour être logique dans la démarche, pour répondre efficacement aux différents maux de l’Afrique, l’urgence absolue est la libéralisation des économies. Le continent est le plus jeune du monde, imaginons un instant l’impact que pourrait avoir cette jeunesse libérée sur le continent !

Aujourd’hui, dans leurs relations internationales, les Etats se limitent à une poignée d’hommes et souvent un seul d’ailleurs, un hyper président. La domination des puissances extérieures est facilitée par cette configuration personnelle du pouvoir. Qu’en serait-il si le pouvoir n’était plus en exclusivité entre les mains de ces hommes ?

La souveraineté extérieure ne se gagnera que par la libération des populations. L’Africain devra d’abord gagner sa souveraineté par rapport à son propre Etat. C’est à un second niveau que la souveraineté de l’Etat en découlera sur l’échiquier international. Les Africains doivent donc comprendre que le libéralisme est la seule alternative digne et crédible pour l’Afrique.

Mamadou Koulibaly est Président d’Audace Institut Afrique. Publié en collaboration avec Audace Institut Afrique

 

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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 19:51

Article assez sympathique puiblié par le lepoint.fr

 

Frédéric Bastiat et la "Pétition des fabricants de chandelles"

Le Point - Publié le 13/01/2012 à 11:11 - Modifié le 13/01/2012 à 11:33

L'économiste défend avec éloquence le libre-échange dans une lettre aux députés en 1845.

En 1846, l'économiste et homme politique français Frédéric Bastiat crée à Bordeaux l'Association pour la liberté des échanges (Ale). Soutenue financièrement par les négociants bordelais, elle publie une série de brochures en faveur de la liberté commerciale, organise des réunions publiques auxquelles participe Lamartine. Mais, très vite, raconte l'historien David Todd, elle subit la contre-attaque de l'Association pour la défense du travail national (ADTN), favorable au protectionnisme et qui rallie la quasi-totalité des patrons de l'industrie, la majorité des agriculteurs et même une partie du commerce maritime. Jouant sur la fibre anglophobe, dénonçant la tentative faite par l'Ale "pour naturaliser en France cette importation anglaise" qu'est le libre-échange, l'ADTN remporte, au bout de quelques années, une victoire idéologique écrasante auprès des élites du pays et de l'opinion publique.

 

En 1845, Frédéric Bastiat avait publié, pour dénoncer les méfaits du protectionnisme, sa célèbre Pétition des fabricants de chandelles" adressée à MM. les députés. "Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit ; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée que nous soupçonnons qu'il nous est suscité par la perfide Albion, d'autant qu'il a pour cette île orgueilleuse des ménagements dont il se dispense envers nous. Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contrevents, volets, rideaux, vasistas, oeils-de-boeuf, stores, en un mot de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures, par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale. (...) Et d'abord, si vous fermez, autant que possible, tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée ?"

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 18:50

Cameroun : Quelle stratégie de lutte contre la corruption au sein de l’administration publique ? (publié sur www.unmondelibre.org)

Sali Bouba Oumarou – Le 20 janvier 2012. La corruption au Cameroun reste endémique. Le pays a été signalé par deux fois comme premier pays corrompu respectivement en 1998 et 1999 (par Transparency international). En 2011, L’indice de perception de la corruption était évalué à 2,5. A la suite de la sonnette d’alarme des années 2000, une panoplie d’infrastructures anti-corruption ont vu le jour. La plupart sont orientées vers la répression des actes contraire à l’éthique professionnelle au sein de l’administration (comme la création récente d’un tribunal criminel spécial dédié aux détournements des fonds publics). L’ensemble de ces efforts permettent certes d’enregistrer des résultats, toutefois ils ne s’attaquent pas à certaines racines du mal au sein de l’administration publique qui sont entre autres les nombreuses procédures administratives, les chevauchements de compétences entre différentes structures administratives et le « moral » des agents publics. 

Les incidences de la corruption.

Les incidences politiques et économiques de la corruption au Cameroun sont nombreuses. Ce fléau est un véritable obstacle à la bonne marche des affaires publiques et freine considérable les affaires privées, et donc le développement économique. 

Au niveau politique, la corruption au Cameroun entache la légitimité des gouvernements en renversant les processus officiels. Elle participe considérablement à l’affaiblissement des institutions. De cette brèche naît une inégalité dans la prestation des services publics au citoyen. On assiste à la suspension pure et simple de la primauté du droit dans la marche des administrations publiques. Les procédures sont délaissées. Les ressources sont affectées à d’autres emplois que ceux initialement prévus. Le recrutement et la promotion des fonctionnaires se basent sur des considérations autres que le mérite et les compétences. 

Au niveau économique, la corruption agit négativement sur le climat des affaires, donc l’investissement (étranger et national) et in fine, sur la croissance économique. Elle participe également à la prolifération du secteur informel terreau de l’insécurité économique. Car elle décourage les entrepreneurs ne pouvant pas payer la taxe « spécial corruption ». Dès lors, elle réduit la compétitivité et l’efficacité de l’économie camerounaise en érigeant des obstacles artificiels. En témoigne les résultats d’une enquête menée en 2008 ou 76% de 1052 entreprises interrogées, affirmaient que la corruption avait eu un impact négatif sur leurs activités. Alors que 49 % reconnaissaient avoir versé des pots de vin aux agents des impôts. 

Un niveau de corruption comme celui qui règne au Cameroun ne saurait permettre l’éclosion d’un terreau institutionnel propice à la prospérité économique. L’action du gouvernement de ces dernières années peut alors se lire comme une tentative de réduction du phénomène. C’est ainsi qu’une vaste campagne de lutte contre le phénomène s’est engagée. Plusieurs hauts cadres de l’Etat sont actuellement derrière les verrous. Une institution indépendante, la commission nationale anticorruption, a vu le jour. Celle ci a rendu son premier rapport en dénonçant certains gestionnaires publics indélicats. Tout récemment encore c’est le tribunal criminel spécial qui a été créé. Le point de convergence de ces initiatives est à notre sens, l’emphase mise sur la répression. Elles ont certes le mérite de mettre en exergue les proportions de la corruption au Cameroun. Toutefois elles ne s’attaquent pas à certaines racines du problème. 

< Les ajustements nécessaires à la stratégie de lutte contre la corruption

Une stratégie efficace de lutte contre la corruption doit être à même d’apporter des solutions aux trois niveaux de relations qu’entretiennent les agents publics. De ce fait elle doit pouvoir apporter des réponses à la corruption intra-administration, inter-administration et administration-administré. Et ce, sur les aspects préventifs et répressifs. 

Au niveau structurel, le chevauchement de compétences entre les structures administratives existantes, ainsi que le nombre de procédures administratives, offrent un potentiel pour la corruption. Le flou qui entoure certaines procédures permet à des agents publics véreux d’accroître la complexité et d’en tirer de juteux pots-de-vins. La réduction des procédures permettrait d’avoir une visibilité sur les différentes conditions ou étapes à franchir pour bénéficier d’un service public. Parallèlement, il faut impérativement clarifier les compétences de chaque structure administrative. 

La corruption se caractérise par le fait que les deux parties en cause y prennent part. Par conséquent plus les rencontres physiques entre administrés et administrations sont nombreuses, plus la probabilité d’avoir des actes de corruption est grande. Si l’une des parties est dissuadée d’agir parce que n’ayant pas la possibilité de rencontrer l’autre, il est difficile que le marché puisse être conclu : la dématérialisation de certains services publics par le biais des NTCIS, pourrait être ainsi une voie de solution. En plus de réduire les possibilités de corruption, elle augmentera le niveau de décentralisation de l’offre des services publics. L’exemple marocain pour l’établissement d’un casier judiciaire ou encore du service de légalisation du ministère des affaires étrangères est édifiant à cet égard. 

Aussi il ne faudrait pas perdre de vue que plusieurs facteurs contribuent à saper le moral et la motivation des agents publics. Il s’agit, entre autres, du niveau des salaires des agents publics ( 36.082 FCFA pour la catégorie 3/1), des avancements et promotions accordés sur des bases autres que le mérite et la compétence. Le désir d’honnêteté est de ce fait mis à rude épreuve. Il y a alors une nécessité d’instaurer une véritable culture du résultat et du mérite. Tout en instaurant des mesures de protection pour les agents résistant aux tentatives de corruption. 

En fin de compte, il faudrait que les différents mécanismes de reddition de compte et les institutions de contrôles puissent être effectifs, à l’instar des dispositions de l’article 66 de la constitution camerounaise. 

 

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 08:47
January 17th, 2012
05:18 PM ET

 

TRENDING: Perry defends controversial comment on Turkey

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(CNN) – Republican presidential hopeful Rick Perry on Tuesday stood by his comment that Turkey's regime is led by "Islamic terrorists" and called on the U.S. government to cut all foreign aid to its NATO ally.

"This is a country that's got some explaining to do to the United States," Perry said on CNN's "The Situation Room with Wolf Blitzer."

Tune in Thursday at 8 p.m. ET for the CNN/Southern Republican Presidential Debate hosted by John King and follow it on Twitter at #CNNDebate. For real-time coverage of the South Carolina primary, go to CNNPolitics.com and on the CNN apps for iPhone, iPad, Android or other phones.
 

- Follow the Ticker on Twitter: @PoliticalTicker

Citing an increase in violence against women in the country, the Texas governor argued that Turkey has moved from "its pro-Western stance" to a society driven by extremist views.

Perry first made the comments during Monday night's South Carolina presidential debate, in which he questioned whether NATO should revoke Turkey's membership.

Turkey's ministry of foreign affairs released a blistering statement Monday in response to Perry's remarks, which have since caused a firestorm in the Turkish press.

"Turkey became a member of NATO when the Governor was just two years old…Turkey has also been among the front line countries in the fight against terrorism…The U.S. has no time to lose with such a candidate who does not even know America's allies," the statement said.

But Perry argued the U.S. should ends its aid to a country that he said has seen a rise in "honor killings," a violent act in which family members kill a relative, almost always female, because they feel the relatives' actions have shamed the family.

He also cited growing tensions between Turkey and Israel as a reason to dismantle foreign assistance to the country.

"The idea that (Prime Minister Recep Tayyip) Erdogan's regime has somehow or other earned our respect is not correct," Perry said

Ankara's relationship with Washington has been turbulent over the last decade, with sharp divisions emerging with the 2003 U.S.-led invasion of Iraq.

But that relationship has improved dramatically over the last several years. Turkey has commanded the NATO mission in Afghanistan four times over the last decade, and the United States shares real-time intelligence from aerial drones for the Turkish military's ongoing war with rebels from the Kurdistan Workers Party, who operate along the mountainous border between Turkey and Iraq.

– CNN's Ivan Watson and Yesim Comert contributed to this report.

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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 14:07

Le liberalisme expliqué.....clairement

 


 
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 10:41

Ci-dessous je vous propose de decouvrir à travers la revue de livre faites Noêl Kodia, les reflexions du Prof. Mamadou Coulibaly sur la non indépendance des Etats africains.

« Eurafrique ou Librafrique » de Mamadou Koulibaly

Une revue de livre par Noël Kodia, le 9 avril 2009 - Voici un livre qui demande aux Africains d’assumer leur destin devant une certaine insolence de l’Occident lorsqu'il se comporte comme pendant la colonisation. Un livre publié chez l’Harmattan en février 2009 qui se fonde sur les relations on ne peut plus boiteuses entre l’Europe et l’Afrique, où la Françafrique est encore présente. L’auteur le spécifie par l’exemple de son pays la Côte d’Ivoire (dont il est le président de l'Assemblée Nationale) avec sa rébellion de 2002, et qui peine à organiser la prochaine élection présidentielle.

Depuis la chute du mur de Berlin et le discours de la Baule de Mitterrand, l’Afrique s’est vue imposer par l’Occident une démocratie pluraliste, démocratie que le professeur Koulibaly qualifie de « tropicalisée ». Les intérêts des Occidentaux en Afrique sont trop importants et pourraient être menacés si la véritable démocratie s’y installait, et ce, malgré la confiance que leur font les dirigeants au pouvoir depuis plusieurs décennies. Comme ces derniers n’ont de compte à rendre à personne, et pour se montrer démocrates tout en gardant leurs privilèges, ils ont inventé une démocratie à l’Africaine qui se résume par l’équation : multipartisme + élection = Démocratie – un système bien rodé pour se maintenir au pouvoir après des élections soi-disant libres et indépendantes. Et quand, à l’issu de celles-ci, le président s’autoproclame vainqueur, naît un mécontentement chez le vaincu qui crie à la fraude avant de prendre les armes. Commence une répression brutale qui fragilise socialement et économiquement les populations.

Les pays riches, constatant leurs intérêts menacés, vont au secours de ces Africains malades politiquement par le biais de l’ONU et l’UE et certaines institutions régionales. On installe alors le système du partage du pouvoir entre vainqueurs et vaincus avec des gouvernements hybrides et incompétents, en attendant d’autres élections supervisées par la Communauté internationale. Malheureusement, ces élections n’ont jamais réussi à installer la démocratie. Les exemples de l’Angola et de la République démocratique du Congo où la guerre a resurgi à la proclamation des résultats contestés par les perdants, sont encore frais dans nos mémoires.

Et l’auteur de marquer son inquiétude car il constate que la même stratégie semble se mettre en place en Côte d’Ivoire. Comment les Ivoiriens peuvent-ils aller à l’élection présidentielle sans pour autant régler le problème du ramassage des armes malgré l’acceptation de Gbagbo et Soro de diriger le pays ensemble ?

Pour l’auteur, la générosité de l’Occident qui aide le pays dans sa mise en œuvre des élections, n’est pas gratuite car étant sous son contrôle. Il nous annonce que beaucoup d’argent a été donné au Premier ministre Soro pour réaliser le programme pour lequel il a été nommé et pour lequel on lui a imposé de travailler avec le Président Gbagbo. Avec des chiffres à l’appui, il nous fait constater l’imbroglio dans lequel se trouve Soro qui devait s’occuper des audiences foraines et du désarmement des rebelles, préalables pour le bon déroulement de la présidentielle.

Mais le bicéphalisme imposé à la tête de l’Etat depuis Marcoussis provoque des conflits de compétence entre le Président et son Premier ministre. L’ordre et la discipline des premières années de Gbagbo auraient cédé la place au désordre et à l’indiscipline maîtrisées au cours des premières années de la Réfondation initiée par lui. L’ouvrage nous révèle que le désastre que connaît la Côte d’Ivoire a des rapports avec le pacte colonial entre la France et ses ex-colonies car, comment comprendre par exemple que Chirac s’occupât personnellement du dossier de la Côte d’Ivoire par le biais de Marcoussis ?

Pour Mamadou Koulibaly, la France par ses Constitutions de 1958 et 1995 n’a pas changé la logique de ce pacte colonial qu’il faudrait maintenant dénoncer après une quarantaine d’années d’indépendance fictive. Il s’appuie sur le message de Benoît XVI du 1er janvier 2006 dans lequel le Pape demande aux hommes de se conformer à l’ordre divin, dans la vérité, la justice et la liberté. Il s’en prend de même à l’ONU qui impose des injustices et des inégalités intolérables qui ne peuvent réaliser le bonheur et la paix.

La dernière partie du livre est consacrée à la critique du discours du président Sarkozy à Dakar en juillet 2007, un discours maladroit qui reçoit une réplique acerbe de l’auteur qui lui demande de respecter la liberté et la dignité des Africains. L’amour de Sarkozy pour l’Afrique est intéressé et les Accords de coopération par le biais de l’Eurafrique et la Françafrique ne sont que pillage et néocolonialisme. Comment faire valoir la démocratie en Europe et favoriser l’autocratie en Afrique ?

Aussi l’ouvrage nous rappelle que la France a du mal à assumer son passé colonial contrairement à d’autres pays comme l’Italie devant la Libye, l’Allemagne devant la Namibie, le Canada condamnant les actes posés par les gouvernements passés, l’Australie qui s’est excusée pour avoir humilié les aborigènes. Quand la France reconnaît l’injustice coloniale sans se repentir, elle remet paradoxalement en cause son état de pays des droits de l’homme. Mais en étant toujours présente de manière glorieuse dans la politique et l’économie de ses anciennes colonies, elle continue son néocolonialisme. Comment pourrait-elle alors demander pardon pour un acte qu’elle continue à perpétrer ?

Eurafrique et Librafrique, un livre qui pose un grand nombre de questions sur les relations entre l’Europe et l’Afrique, afin que cette dernière soit véritablement libre. Et cette liberté viendrait de la véritable démocratie pluraliste, si l’Occident s’empêchait de soutenir les pays à démocratie tropicalisée ainsi que leurs présidents corrompus.

Noël KODIA est essayiste et critique littéraire.

 

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 11:31

Un souffle de liberté sur les ondes en Mauritanie ?

Sali Bouba Oumarou - Le 30 septembre 2011. La libéralisation du secteur audiovisuel en Mauritanie serait-elle enfin enclenchée ? Tout porterait à le croire. Ceci notamment depuis la sortie médiatique du ministre de la communication Hamdi Ould Mahjoub le 23 août dernier, au cours de laquelle ce dernier a annoncé que le gouvernement allait autoriser la création, avant la fin de l’année 2011, de cinq radios et de cinq télévisions privées. Si cette annonce venait effectivement à se concrétiser, celle-ci mettra fin à 50 ans de monopole d’Etat sur le secteur Audiovisuel, et pourrait par la même occasion apporter un nouveau souffle à la dynamique des libertés en Mauritanie. Voilà certes une grande opportunité pour la continuelle marche vers la démocratie en Mauritanie, mais les mécanismes entourant cette libéralisation présentent des obstacles qu’il faudra surmonter pour un secteur audiovisuel véritablement libre et responsable.

Pourquoi libéraliser le secteur audiovisuel

Il faut d’emblée dire que, le pas décisif vers la libéralisation du secteur de l’audiovisuel en Mauritanie a été franchi en juillet 2010 suite à l’adoption par l’assemblée nationale de la loi n° 045-2010 portant libéralisation du secteur audiovisuel. Celle-ci annonçait inéluctablement une nouvelle ère pour le paysage des libertés en Mauritanie. Cette loi a été saluée par l’ensemble de la communauté des médias du pays mais aussi des partenaires internationaux de la Mauritanie pour son ouverture, le renforcement du droit à l’expression qu’elle pourra offrir aux citoyens de Mauritanie, et dans le même temps pour participer à l’instauration d’un climat favorable à la démocratie.

En effet, Le droit à l’expression est un principe fondamental de toute démocratie. La liberté d’expression dans l’espace politique c’est d’abord la liberté de donner un avis sur la vie politique. Et pour ce faire, les citoyens doivent pouvoir disposer des canaux adéquats et adaptés. D’où la nécessaire libéralisation de la presse écrite et audiovisuelle. La liberté de la presse se présente alors comme un des corollaires de la liberté d’expression et surtout comme une de ses modalités de mise en œuvre. Par conséquent, La libéralisation du secteur audiovisuel en Mauritanie constitue une sorte d’expiration politique pour un Etat dont le secteur audiovisuel n’a connu jusqu’ici qu’un monopole quasi continu de l’Etat via Radio Mauritanie et Télévision de Mauritanie depuis les années 1960. Il s’agit en d’autres termes d’offrir aux citoyens Mauritanie une véritable liberté d’expression (garantie par la constitution du pays) par la mise à sa disposition de plusieurs relais d’informations libres et responsables.

Cette liberté des medias du secteur audiovisuel ne pourra que permettre à ces derniers d’apporter leurs contributions au développement de la Mauritanie et de jouer véritablement le rôle de quatrième pouvoir. Car les medias sont par nature, une force de proposition, de dénonciation, et d’accompagnement des actions de développement. Ils permettent en qualité d’agents de socialisation, de doter les individus de connaissances qui leurs permettent de mieux exercer leurs droits tant politiques qu’économiques. Afin d’assumer cette fonction de formation et d’information des citoyens mauritaniens, les médias doivent pouvoir bénéficier de garanties institutionnelles leur permettant de jouer réellement leurs partitions. La loi sur la libéralisation du secteur de l’audiovisuel est un pas réalisé vers cette optique. Mais un pas empreint de frilosité et encore entièrement contrôlé par le pouvoir politique.

Les obstacles à surmonter pour un secteur audiovisuel libre.

Une véritable libéralisation du secteur audiovisuel en Mauritanie reste un chantier de grande ampleur. Les conditions de développement d’un secteur privé de l’audiovisuel en Mauritanie résident dans sa libéralisation effective et dans l’indépendance effective de l’instance de régulation et de réglementation de l’audiovisuel à l’égard du pouvoir politique. Dans ce sens, les mesures législatives et les conditions incitatives doivent être prises par les pouvoirs publics.

En l’état actuel, les conditions d’octroi d’une licence d’exploitation s’avèrent être un véritable parcours du combattant dont la pièce maîtresse est la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel. Une instance qui est en théorie, indépendante, mais dont l’organisation et la composition reste le fait du pouvoir politique. Elle demeure de ce fait largement inféodée au pouvoir politique dans la réalité. Cette instance est constituée de 6 membres tous désignés par les personnalités politiques : 3 par le président de la république ; 2 par le président de l’assemblée nationale ; 1 par le président du Sénat.

La non indépendance politique de cette « instance indépendante » représente un obstacle pour la bonne marche de la libéralisation du secteur audiovisuel en Mauritanie. Car c’est cette instance qui est censée jouer un rôle de garde fou dans le secteur audiovisuel au sens de la loi N°045 -2010 et de son décret d’application. C’est elle qui, dans un premier temps est censée lancer les appels d’offres pour la création de medias audiovisuels, puis étudier les dossiers et donner un avis au gouvernement pour la signature de la licence. Un avis défavorable de la part de cette instance signifiera a priori un refus de signature de licence par le gouvernement.

Il va sans dire donc que le risque de partialité pour l’étude et l’attribution des licences reste grand et ne garantit pas une liberté éditoriale des medias qui pourront franchir le parcours du combattant pour l’attribution d’une licence. Il s’agit de fait, ni plus ni moins , qu’une sorte de censure institutionnelle exercée en amont ; Une sorte de désir de garder une main mise sur les potentiels entrepreneurs voulant investir dans un secteur, certes sensible mais indispensable pour un Etat qui se dit de droit.

Il est donc souhaitable de procéder à une reforme de cette instance qui pourra revêtir à notre sens, le caractère d’une corporation des professionnels des medias, à laquelle pourront être associés des membres désignés par les autorités publiques. Les modalités de fonctionnement de celle-ci pourront et devront être définies par les membres de la corporation eux-mêmes qui tâcheront de doter celle-ci d’une indépendance financière et idéologique. Celle-ci aura alors la lourde charge d’assurer une libre et saine concurrence au niveau du secteur audiovisuel en Mauritanie dans le strict respect de la déontologie.

Sali Bouba Oumarou est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

 

Par sali bouba
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 17:27

La mondialisation n’arrêtera pas de faire couler beaucoup d'encre.Les adversaires de celle-ci ne ménagent aucuns efforts pour persuader qu'elle est dangereuse.Mais voilà,l'économiste Bhagwati dans son ouvrage in defense of globalization, déconstruit à la lumière de la réalité certaines idées reçues ou admises sur la mondialisation....Ci-dessous une synthèse de son livre faite par Geoffroy L.

La mondialisation selon Bhagwati

Recension par Geoffroy L. – Le 5 janvier 2012. S’il n’est pas rare que les intellectuels qui s’expriment sur la mondialisation dans le débat public aient une connaissance lacunaire de la science économique, ce n’est pas le cas de Jagdish Bhagwati. Cet économiste indien, Professeur à l’Université de Columbia (Etats-Unis), contribue depuis un demi-siècle à faire reculer la frontière de la connaissance en économie internationale, en particulier sur les questions de politique commerciale et d’économie du développement.

Dans son livre In defense of globalization (Oxford University Press, 2005), Bhagwati dissèque avec expertise les dogmes de l’altermondialisme. Selon cette doctrine, la mondialisation aurait des effets sociaux délétères : elle nuirait aux pauvres, desservirait les minorités, détruirait le pluralisme culturel, tirerait les salaires vers le bas, dégraderait l’environnement. L’objet du livre de Bhagwati est de montrer que ces croyances sont infondées.

Sur la pauvreté, d’abord. L’ouverture sur le monde, nous dit Bhagwati, est un facteur essentiel de réduction de la pauvreté. En élargissant la division du travail, le commerce international accroit la productivité, augmente les revenus et, partant, réduit la pauvreté (pp. 60-64). Si certaines zones restent pauvres, c’est qu’elles sont à l’écart de la mondialisation. Les exemples récents de succès économiques liés à l’adoption du libre échange confirment cette thèse : « En Chine, la pauvreté est passé de 28% en 1978 à 9% en 1998 » (p. 65). Le succès est encore plus fort en Inde : « le taux de pauvreté est passé de 51% en 1977 à 26% en 1999-2000 » (p. 65).

Non seulement la mondialisation réduit la pauvreté, mais elle contribue aussi à éliminer certains maux que les altermondialistes lui associent à tort. Le travail des enfants est un cas typique. La mondialisation, en réalité, « accélère la réduction du travail des enfants, augmente le taux d’inscription à l’école primaire et donc l’alphabétisation » (p. 68). Pourquoi ? Car la consommation des services d’éducation augmente à mesure que le revenu croît. Or, la mondialisation fait croître le revenu des ménages. Par ce biais, elle conduit ces ménages à inscrire leurs enfants à l’école et, partant, contribue à atténuer le phénomène du travail infantile. Cette idée est confirmée par les études économétriques. Au Vietnam, par exemple, les ménages qui ont vu leur revenu croître à la suite de la libéralisation du début des années 90, ont, pour la plupart, cessé de faire travailler leurs enfants pour les inscrire à l’école (p. 71).

Qu’en est-il du sort des femmes dans la mondialisation ? Dans nombre de pays, l’ouverture internationale contribue à réduire les discriminations illégitimes à leur égard. Comment ? En intensifiant la concurrence, la mondialisation rend de plus en plus difficile, pour les producteurs, de louer les services du travail à un salaire inférieur à la contribution de l’employé : cela conduirait les concurrents à enchérir sur le prix du travail pour saisir l’opportunité de profit. Autrement dit, la mondialisation rend peu profitable la stratégie consistant à payer moins les femmes que les hommes à contribution égale à la production. La discrimination est une stratégie perdante au sein de la mondialisation capitaliste (pp. 75-76).

Une autre crainte souvent exprimée par les altermondialistes concerne la culture. Selon eux, la mondialisation conduirait à une « américanisation du monde » et à la destruction des cultures indigènes. Cette vision, en vérité, est « bien trop simpliste et pessimiste ; car bien souvent la mondialisation économique est un processus d’enrichissement culturel » (p. 107). La rencontre des cultures crée des mélanges : « l’utilisation locale de langages indigènes a été revitalisée, à côté de la propagation internationale de l’anglais » (p. 110). Ensuite, les cultures non américaines s’épanouissent aussi dans la mondialisation. Par exemple, « les films recevant des récompenses viennent d’Iran, de Hong-Kong, du Danemark, d’Inde, de Grande-Bretagne, de France, entre autres pays » (p. 112).

Dans l’opinion populaire, la mondialisation est aussi associée au « dumping salarial et social ». Selon cette logique, la concurrence accrue des pays à bas coûts salariaux et à faible protection sociale conduirait tous les gouvernements à revoir à la baisse leurs standards salariaux et sociaux pour conserver leurs entreprises. Cet argument est problématique (p. 130). Il suppose, à tort, que les entreprises choisissent de s’installer là où les salaires et la protection sociale sont faibles. En réalité, d’autres variables sont bien plus importantes dans la stratégie de localisation des firmes : productivité du travail, accès aux matières premières, potentiel du marché local, qualité des institutions…

Si l’idée du dumping salarial et social n’est pas fondée, assiste-t-on à une course vers le bas des normes environnementales ? Là encore, la réponse est négative. L’environnementalisme, en effet, est le produit des sociétés riches. A mesure qu’une société s’enrichit, ses membres aspirent à prendre soin de leur environnement. En propageant la prospérité, la mondialisation propage les préoccupations environnementales. Par ailleurs, comme dans le cas de la protection sociale, il est faux d’affirmer que la régulation environnementale est une variable clé dans le choix de localisation des firmes : « La conclusion des études internationales et domestiques sur la localisation des industries est que les régulations environnementales ne dissuadent pas de façon statistiquement ou économiquement significatives les investissements des firmes » (citant Arik Levinson, p. 148).

Bhagwati défend ensuite l’institution que les altermondialistes abhorrent : les firmes multinationales (FMN). Contrairement à ce qu’affirment les altermondialistes, les FMN n’exploitent pas les travailleurs. Bien souvent, ces entreprises proposent aux travailleurs des pays où elles s’installent la meilleure opportunité disponible. Les FMN, en effet, payent une prime salariale (« wage premium ») : « Les multinationales payent un salaire moyen qui excède le salaire courant, en général de plus de 10% et parfois plus, certaines filiales de FMN américaines payant une prime allant de 40 à 100% » (p. 172). Ensuite, les FMN génèrent aussi des externalités positives. Lorsqu’une multinationale s’installe dans un pays, elle apporte avec elle des connaissances techniques et des pratiques organisationnelles. Les firmes locales tirent profit de ces savoirs grâce à la transmission d’information et aux mouvements inter firmes de travailleurs (p. 181).

En résumé, la mondialisation n’est pas le processus de prédation que les altermondialistes dénoncent. La mondialisation a un visage humain. A l’heure où la majorité des partis politiques français accable l’ouverture sur le monde et plaide pour une forme ou une autre de protectionnisme, la lecture de In defense of globalisation est rafraîchissante. Cette recension en extrait les idées les plus pertinentes pour le débat public. Bhagwati y traite d’autres questions, que le lecteur intéressé découvrira de lui-même : ONG, flux financiers, migrations et politiques publiques. Il est à noter enfin que In defense of globalisation a récemment fait l’objet d’une traduction française, particulièrement bienvenue (Plaidoyer pour la mondialisation , Odile Jacob, 2010).   (article disponible sur :www.unmondelibre.org)

Par sali bouba - Publié dans : actualité
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